Et nous voilà en Angleterre, de l’autre côté de la Manche, comme des manches à ne pas savoir finalement vers où nous avons envie d’aller.

Il y a une semaine, on ne savait même pas que nous viendrions ici.

Tiraillés entre mon envie de partir vers l’Allemagne puis la Norvège et celle de Bastien d’aller vers les Iles Britanniques, nous vous avions demandé de l’aide via notre page Facebook. Votre choix s’est porté sur L’Angleterre (de peu ! Ce qui aurait pu me laisser un goût amer, mais chaque destination est de toute façon une bonne idée, il suffit de le décider).

Je disais donc, nous voici en Angleterre, sans itinéraire en tête, même pas le début du commencement de savoir vers où partir.

Plymouth

Après la traversée en Ferry, nous avons trouvé, à la hâte et de nuit, un emplacement sur un parking à Plymouth. On se réveille tranquillement. Un rayon de soleil passe par la fenêtre de la capucine. J’ouvre le store et découvre notre environnement : une magnifique marina où tanguent de jolies embarcations. En face une île verdoyante, au-dessus de nous une colline et son vieux fort militaire. Bastien est lancé dans la préparation du petit déjeuner.  L’odeur du café chaud me pousse à sortir du lit. Quelques tartines plus tard, nous nous empressons de profiter des rayons du soleil pour partir en balade.

C’est magnifique ! La vue depuis le fort est incroyable, on réalise pour la première fois que le voyage a vraiment commencé. Un charmant couple de retraité engage la conversation avec nous. On est ravi de voir que nous avons encore de beaux restes en anglais, c’est rassurant pour la suite, et moi qui adore papoter avec tout le monde, je me sens relativement à l’aise dans la langue de Shakespeare.

 

On prend la direction de la ville, au hasard. Mais c’était sans compter sur la pluie qui s’abat sur nous. On décide donc de se réfugier chez un coiffeur, profitant de l’occasion pour rafraîchir la coupe de cheveux de Liam. Il est aux Anges.

L’averse a cessé. On repart, direction le port. Au détour d’une ruelle charmante, on prend le temps pour déguster notre premier « English Breakfast » : Œuf, bacon grillé, saucisses, toast, haricots blancs à la tomate, frites, … c’est délicieux, mais diaboliquement copieux. Par contre, le restaurant n’accepte pas la carte bleue, et nous n’avons pas du tout de Pounds sur nous. Trop pressés de partir en ballade, nous n’y avons même pas penser. Bastien part en quête d’un distributeur, m’appelle car celui indiqué par la serveuse ne fonctionne pas… Oups… Heureusement, une anglaise entendant ma conversation se propose de nous faire du change. Elle a prévu d’aller visiter la France la semaine prochaine. Sauvés. Je ne pense pas que faire la vaisselle aurait suffit à payer le repas.

 

Rassasiés, nous retournons à Tadam pour quitter Plymouth. Bastien démarre. Oui c’est lui qui conduit car je fais une bien meilleure co-pilote que lui, pour lui rappeler toutes les 25 secondes de bien rouler à Gauche (non, non, je ne suis pas stressée du tout).

TALLAND

Décision est prise, non sans mal, de commencer par le sud-ouest : les Cornouailles. Parfait, j’avais envie de me baigner. Avec l’application Park4Night, je nous trouve un petit coin vers Talland, en bord de mer, qui promet d’être magnifique.

Magnifique, cela ne fait pas de doute, mais à quel prix ? celui de nos rétroviseurs ? On vient de découvrir une particularité anglaise : l’étroitesse des routes, et il va falloir faire attention, car ici nombreuses sont les routes sur lesquelles on se croise à peine ! Et celle menant à notre bivouac en est une ! Mais cela en valait-il la peine ? Je vous laisse seul juge !

 

Cette première soirée est parfaite, même si la configuration du parking fait pencher Tadam, on s’y sent bien.

Par contre, pour mes envies de baignade, on repassera ! On est bien loin de la canicule que vous vivez en France. Je n’ai même pas le courage d’y tremper un orteil…, le vent souffle assez fort, les vagues viennent s’écraser sur les rochers et la plage, pour se mêler à l’eau du ruisseau qui descend de la colline. On prend de la hauteur pour profiter au mieux du panorama incroyable de cette baie et notre premier coucher de soleil sur les terres britanniques. On rentre se mettre au chaud, et pour mettre à profit la météo, je décide de préparer un repas réconfortant. Ce soir c’est soupe de courgettes. Suivi d’un café au lait bien chaud. Avec un petit câlin avec vue, c’est encore mieux.

On couche les enfants sans problème, ils ont beaucoup marché aujourd’hui. C’est un moment privilégié pour Bastien et moi le soir. On prend le temps de discuter entre adultes. Pas forcément de choses sérieuses d’ailleurs. Néanmoins, ce soir, quelque chose nous préoccupe : La route du retour demain pour quitter cet emplacement de rêve. Je discute avec les anglais qui viennent profiter de la plage en cette fin de soirée pour glaner des informations. Ils m’assurent tous que la route que nous avons empruntée est la meilleure. Partir de l’autre côté serait pire ! Pire ? Mais ce n’est pas possible. Ok, demain, on se lève tôt pour éviter au maximum de nous retrouver face à une voiture qui viendrait ici, sans savoir comment faire marche arrière.

C’est donc de bonne heure, et de bonne humeur (nous avons vraiment bien dormi) que nous levons le camp. Ouf, c’est sans encombre que nous retrouvons la route principale pour continuer toujours plus à l’ouest. On se fait encore avoir par notre GPS qui nous choisit des routes qui n’en sont pas. On va se méfier de lui maintenant.

Enfin, pas suffisamment car nous voilà arrivés dans le village de Polpero, obligés de faire un demi-tour plus que difficile. On n’y laissera un bout de parechoc arrière.

On persiste et signe en tentant à nouveau de longer la côte. Cette fois-ci c’est au cœur d’un village que nous sommes coincés. En super co-pilote que je suis, je sors de Tadam pour assister à la manœuvre dans toutes les ruelles du village. Evitant ici un poteau, là un balcon, par ici un trottoir, là un lampadaire… Les anglais rient de me voir ainsi gesticuler et vociférer des consignes à Bastien. Tantôt de devant, tantôt de derrière, pour s’assurer que « ça passe ». D’ailleurs, dans cette région cela va devenir notre mantra : -ça passe-

Et la question que l’on posera le plus quand on demande notre chemin : « Narrow road (route étroite ?)? » on perfectionne notre anglais au moins.

On a beau avoir voyager un an en van, dont six mois en Amérique Centrale sur des routes dans des états catastrophiques, on ne s’attendait surement pas à de telles difficultés en Europe !

Ces deux incidents nous font reprendre la carte pour mieux travailler notre parcours, pour ne pas nous retrouver dans des situations vraiment inextricables : c’est décidé, nous ne prendrons plus que des routes correctement indiquées et clairement assez larges pour que l’on n’ait plus à transpirer comme ce matin.

On s’éloigne donc, un peu à regret, de la côte pour le moment.

Et c’est à Saint Mawes qu’on retrouve le plaisir d’être au bord de la mer.

 

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